Publié le 30/ 04/ 2016 écrit par simple citoyenne sur Agoravox journalisme citoyen

Après l’effarant « États-Unis, enfants jetables », documentaire sur l’étrange pratique, rehoming child, diffusé le mardi 12 avril 2016 sur France 5, suivi de, « États-Unis, le pays qui arme ses enfants », un reportage sur le lobby des armes à feu ; une information était parue au mois de mars qui montre combien les lobbyistes pro-armes n’ont décidément aucune limite. Car ils vont jusqu’à réécrire les contes, afin, disent-ils, de « sensibiliser les tout-petits au port d’armes à feu, en toute sécurité ».

Mais avant, comme le montrait le reportage, « États-Unis, le pays qui arme ses  enfants », Detroit est une ville en ruine, avec des quartiers à l’abandon et des rangées entières de maisons délabrées et brûlées ; certaines grandes habitations aux façades de briques rouges, noircies par les incendies sont à moitié détruites et bien sûr, abandonnées. Des maisons délaissées, mais qui tiennent suffisamment debout pour servir de repère aux squatters inquiétants et qui sont avoisinées à d’autres, qui elles, sont en très bon état, et habitées par des citoyens désemparés, et qui, en cas d’agression imminente, ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur leurs flingues.

Le lobby pro-armes et son sacro-saint deuxième amendement.

Si ceci est une réalité ; hélas, la NRA, sans foi ni loi, sauf son intouchable second amendement écrit en 1791, qu’elle s’est approprié et dont elle se sert pour influer sur la politique américaine jusqu’à maintenant ainsi qu’en étant très généreuse si les candidats sont sages avec elle, (l’influence politique que le lobby des armes a acquise est telle qu’on lui prête la défaite d’Al Gore à l’élection présidentielle de 2000. Le monde 2013) un amendement qu’elle traine comme une charrette de la mort pour venir chercher son lot de plus de 30 000 morts par an, innocents ou moins, car peu lui importe, ça lui rapporte, son sacro-saint deuxième amendement lui fait vendre encore et toujours des armes à feu, point barre ! Et ce que font les citoyens de celles-ci, ne regarde plus les lobbyistes pro-armes, qui s’activent néanmoins, après des assassinats de masse par armes à feu, avec les arguments les plus couramment utilisés, car même là, et surtout dans ces moments-là, le business doit se maintenir. Je cite « La seule chose qui arrête un mauvais gars avec une arme, c’est un bon gars avec une arme » pourtant dans les 30 000 tués par armes à feu chaque année aux USA, on inclut les bavures policières, qui justement, par le fait de leur fonction sont des ‘bons gars avec une arme’, qui commettent des bavures accidentelles ou volontaires, sur des ‘mauvais gars’, avec, ou sans armes.

Les lobbyistes pro-armes passent le message qu’il est tout naturel de pouvoir posséder une arme à feu chez soi, sur soi, et même hors de chez soi, afin que les citoyens puissent défendre leur famille et leurs biens d’un danger éventuel ; dans ce pays où seuls beaucoup plus de fous, semblent avoir un « droit d’asile » assez particulier, là-bas, plus qu’ailleurs.

Le lobby pro-armes assure toujours le SAV après une fusillade de masse.

Juste après des fusillades, la NRA assure toujours son service après-vente avec un marketing d’une incongruité totale, qui dépasse même l’entendement, et qui, si celle-ci avait un trône pour se faire couronner, elle serait reine au royaume de l’absurde, tant on ne cesse d’être surpris par son illogisme et ses solutions contraires à la raison, qui accroît les drames par lesquels justement elle s’alimente et qui font tourner la roue de sa fortune avec un cauchemar sans fin pour les citoyens américains. Comme à l’exemple l’extrait de l’article Slate :

Apprendre aux enfants à se défendre sans la maîtresse et sans la police dès leur plus jeune âge et les sensibiliser aux armes ?

Toujours dans le reportage « États-Unis, le pays qui arme ses enfants », dans la grande foire aux armes organisée par la NRA, les lobbyistes, comme ceux de l’instructeur Rob Pincus, semblent user d’arguments de vente, empreints de « bons sentiments » marqués du sceau de la déraison absolue.

Ses propos  : « Une des motivations premières, c’est le devoir de combattre le mal ; ça peut paraître un peu cliché, mais la capacité à savoir se défendre, est une notion primordiale dans notre société ; le jour où l’on arrête de se défendre, et où on renonce à se battre, l’injustice progresse ; si je pouvais faire disparaître la misère du monde d’un claquement de doigt, je le ferais… mais ce n’est pas possible, donc j’apprends aux gens à se défendre, lorsque c’est nécessaire ; je suis convaincu, que le monde serait meilleur si on apprenait aux enfants à se défendre dès leur plus jeune âge, si on leur apprenait à ne pas se fier aux autres à ne pas appeler la maîtresse ou la police, mais à se battre eux-mêmes, ils n’auront pas toujours le choix, il y aurait moins de violence à l’encontre des femmes et des enfants ; les armes sont une réalité et il faut y sensibiliser les enfants. »

Quelle attention touchante, les larmes (de désespoir) m’en tombent. En effet, le monde serait sûrement meilleur, si on apprenait aux enfants à se défendre dès leur plus jeune âge, et bien sûr les sensibiliser aux armes, en plus d’adultes autant plus immatures.

Les éventuels enfants victimes à qui on doit apprendre à se défendre dès leur plus jeune âge, selon Rob Pincus, c’est aussi dès leur plus jeune âge qu’ils finissent par devenir des coupables certains.

Les enfants tuent comme les grands, et leur propre parent n’échappent pas à ces tueries.

Des parents, qui pensaient « bien faire », en offrant une arme pour leurs rejetons, parents abusés et trompés à coups d’arguments, déversés par la grande faucheuse qu’est la NRA, et dont l’ironie du sort, frappa au mois de mars 2016, une fervente et militante pro-armes à feu, qui se glorifiait, photos à l’appui, accompagnées de citations telles que « Même mon garçon de 4 ans peut tirer maintenant avec un fusil de petit calibre », son petit bambin de 4 ans, lui a tiré dessus avec l’arme à feu qu’il avait entre les mains. L’express.

Le reportage « États-Unis, le pays qui arme ses enfants » , rappelle le drame du 14 décembre 2012, mais parmi tous les autres, où Adam Lanza, se rendait dans l’école primaire de Sandy Hook pour tuer 20 petits-enfants de 5 à 10 ans, dont 8 adultes et sa mère avec. Sa mère lui avait offert un fusil mitrailleur pour son anniversaire.

La NRA essore les larmes des familles des victimes, avec la serpillère d’indifférence.

Juste après l’assassinat de ces 20 petits-enfants et des 8 adultes, la NRA assure une nouvelle fois son service après-vente, et c’est par la voix impassible de Whayne Lapierre qu’elle s’exprime, en jouant les grands pédagogues, voulant éduquer les citoyens américains, et prend par-dessus la jambe, la douleur des familles, et mieux encore, Whayne Lapierre vice-président exécutif (appellation qui lui va à ravir), avait déjà sa solution au cas où quelqu’un risquerait d’avoir la vraie, celle que justement les familles des victimes et les associations pourtant puissantes réclament à cor et cris, comme de limiter et de contrôler les armes à feu, dont les citoyens américains y sont de plus en plus favorables  ; mais une semaine après ce massacre, Whayne Lapierre a vite pris les devants, en solutionnant le problème créé par son propre commerce, celui d’armer les professeurs dans les écoles au cas où. La roue infernale continue.

Les lobbyistes pro-armes réécrivent « l’histoire ».

Le lobby pro-armes aide ses concitoyens américains à aller plus vite dans le cercueil et cela ne lui suffit plus ; autant mettre directement la main sur le berceau, car des lobbyistes pro-armes à feu, à l’exemple d’Amelia Hamilton, ont décidé de réécrire l’histoire ; ou plutôt les contes pour enfants.

Le Petit Chaperon rouge (a un revolver) et Hansel et Gretel (ont des revolvers.)

Dans l’introduction qui mène au conte, la rédaction du site NRA Family s’explique, ici repris par slate :

Les lobbyistes impudents ne se préoccupent pas de tomber toujours plus bas.

Ce lobby des armes à feu qui ressemble de plus en plus à une association de malfaiteurs, et sans qui, à ce jour, si elle ne bloquait pas intentionnellement toutes les initiatives politiques destinées à durcir la législation sur les armes à feu ; les victimes par armes à feu, sans compter d’autres vicissitudes de la vie évidemment, seraient peut-être aux côtés de leur famille et là, je pense aux petits-enfants en particulier, car ces victimes-là, n’ont rien de commun avec d’autres.

Et si (imaginons un peu, j’ose !) les lobbyistes pro-armes et cette association venaient un jour à être jugé pour toutes les victimes d’armes à feu, dont ils sont responsables par un lobbying forcené pour avoir incité à la vente aux citoyens américains, armes à feu qui selon les médias américains, font plus de victimes que les attaques terroristes, il leur faudrait un avocat maître d’œuvre de la mauvaise foi, pour réussir une plaidoirie, car même sans rire, on pourrait presque croire qu’à ce point-là, qui sait, ils ont peut-être dû passer un pacte avec le mal, père du mensonge, afin de pouvoir faire sans cesse prospérer leur commerce funeste.

Ainsi comme l’Amérique grande férue du bien contre le mal, ce mal qui pourtant la ronge de l’intérieur avec cette obsession compulsive de vouloir faire le « bien » chez les autres, alors que la violence et les armes règnent en maîtres chez elle, et qu’elle se permet de faire sans cesse de l’ingérence et faire la leçon au monde entier depuis trop longtemps déjà ; eh bien, peut-être que si le bien, si cher à l’Amérique l’emportait enfin, elle pourrait peut-être bien alors se voir appliquer, ce proverbe, « Quiconque se sert de l’épée périra par l’épée. »

L’évangile selon saint Matthieu 26 : 52 « Alors Jésus lui dit : Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. »

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