Publié et écrit par Simple citoyenne sur Agoravox  le lundi 15 juillet 2013

Dans notre société marchande, où tout se marchande ; la vie à deux est elle aussi une transaction ? Sujet que je voulais aborder depuis quelque temps et voici qu’une furtive scène de ménage à laquelle j’ai assisté, m’en donne l’occasion.

Mais d’abord, cette condamnation par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, en avril 2011, à Nice. Suite à son au divorce un époux a été condamné à verser à sa femme 10 000€ de dédommagement en l’absence de relations sexuelles pendant plusieurs années.

« Tu as ramené quoi toi l’autre jour ! » protestait un homme de plus d’1 m90 le ton menaçant tout en articulant sa bouche tout près du visage de sa compagne plus petite que lui ; « hein ! tu as amené quoi toi l’autre jour ?! Va z-y ! dis ! Tu n’as rien ramené d’accord ! C’est moi qui ai tout payé et c’est moi qui paye toujours tout ! » Jusque là, la dispute, était disons, plutôt, “discrète” ; là où celle-ci est allée loin, car le couple était accompagné d’un petit garçon, c’est quand la femme répondit « c’est ça, c’est l’homme qui paye toujours tout ! » et son mari ou son concubin, que sais-je, lui a décroché un « Celle à qui on paye tout, j’appelle ça une pute ! » Je ne sais pas si ces deux là vivaient ensemble, mais ce qui était certain, à ce moment-là, c’était que l’un, disait à l’autre, qu’il payait toujours tout ; et que la pauvre autre, s’est soudain vu traitée de pute.

L’heure du libre et des joyeux échanges

Dans mon for intérieur, j’ai toujours pensé que le mariage était une sorte de prostitution légale ; ou conjugale ; oui Ô scandale chers lecteurs, ou devrais-je dire, cher lecteur, car à cette minute même, poursuivez-vous encore la lecture ? -Le mariage est-il aussi une sorte d’abdication face aux conditions de vie difficiles ? Alors si tel n’est pas le cas, j’ai pourtant des exemples d’abdications dont le mariage est devenu une transaction tacite. Deux exemples, ceux-là, au masculin ; dont l’un m’avouait que de se mettre en couple, c’était avoir un toit plus grand qu’il ne pouvait visiblement obtenir seul avec ses revenus ; l’autre, cherche (encore à l’heure actuelle) désespérément à se mettre avec quelqu’un, pour sortir de sa situation financière inextricable ; une autre connaissance au féminin, qui m’avouait, elle, rester avec l’homme « plutôt gentil » me précisait-elle, avec qui elle vivait, plutôt que de rester toute seule. Ceux-ci ne sont-ils pas des transactions voire une sorte de prostitution ?

Se mettre à la merci d’un futur conjoint pour avoir une condition de vie meilleure, comme celui d’avoir un toit plus grand, ou un toit tout court, pour essayer de se sortir d’une situation financière, ou pour ne pas rester seul (e), mais à quel prix ? Il y a quelques années une connaissance m’avouait qu’elle préférait vivre avec son conjoint qui était au départ, son voisin, et avec qui, en plus du sien, elle avait fait des enfants, plutôt que de continuer à courir de petit boulot en petit boulot et d’intérim en intérim ; m’avait-elle également précisée ; et elle terminait par un « C’était trop dur » ; je n’avais pas vraiment compris ce qu’elle me disait par c’était trop dur, c’est après que j’ai réalisé que c’était comme une abdication face à sa condition de vie ; d’être appelée à n’importe quel moment de la journée par les intérims qui n’ont que faire de la vie de famille des individus. Cette union n’est-elle pas aussi une transaction ; sécurité matérielle en échange quoi. Même s’il y a des individus qui préfèrent se marier avec des gros portefeuilles ou des situations, et dont eux seuls, après tout, ont leurs raisons, nous vivons dans une société avec des résidus patriarcales où les femmes, là, sont encore trop exposées à ces malheureuses unions ; pour en avoir autour de moi ; la société matérialiste et de surconsommation, elle, n’est pas en reste ; elle est coupable et fait perdurer ces situations de soumission sur l’individu, et pousse, disons-le, à la prostitution conjugale les personnes fragilisées par leurs situations, hommes et femmes, et qui se retrouvent ainsi à la merci et au bon vouloir de ceux qui ont un petit pouvoir, même minime soi-il, comme celui d’avoir juste un toit et un travail. C’est-à-dire, juste ce qu’il faut pour vivre.

Mais Dieu merci tous les mariages et les unions ne se résument pas des transactions ; ni à celui d’échanges, mais celui du partage et du soutien.

Pouvoir et tout pouvoir.

Quand des magazines prout-prout font perdurer insidieusement cette insupportable soumission au pouvoir.

Si l’article en effet, ne concerne pas le pouvoir, les exemples ci-dessus, eux, sont après tout, des unions marchandes, et de ces unions, l’un a tout pouvoir sur l’autre, et l’autre, est sous sa dépendance.

Deux médias d’actualités, ont relayé, la semaine dernière, le sondage intelligent d’un magazine prout ma chère, institut de sondage Ifop à l’appui, c’est dire si le sondage était vital, sondage pathétique qui concernait pour résumer, les politiciens actuels, pouvoir d’attraction et sexe. Si en effet, on ne peut pas demander à prout ma chère magazine d’être un peu plus culturel, et surtout d’aller se faire du mal pour rien en le lisant, on ne peut qu’être affligé que deux grands médias d’actualités relayent ce sondage stupide, et dont je laisse le flou, car je ne souhaite pas le relayer ici. Car si les situations décrites plus haut, qui concernent à leur manière, le pouvoir, même aussi minime qu’il soit, et sans rapport avec le pouvoir de certains politiciens véreux ; ce n’est malheureusement pas sur les médias que l’on pourra compter au 21 siècle, pour faire évoluer les mentalités, mais au contraire, les faire perdurer. Grâce à la complicité de tels médias, en tout cas, concernant ce sondage pathétique, c’est un peu comme donner une autorisation à ceux qui détiennent un pouvoir, et à certains politiciens, qui confondent justement pouvoir et tout pouvoir sur les autres, ceux-là, ont encore un bel avenir devant eux. Mais est-ce dans l’intérêt des prouts ma chère et les autres, dont le fonds de commerce est le cul et le pouvoir, de faire évoluer les choses ?

 

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