Livre en Bibliothèque ( J’avais entendu l’histoire de Samira Bellil, mais je n’avais jamais eu  jusqu’à maintenant, l’occasion de  lire son récit  ; c’est lorsqu’un auteur d’Agoravox en  a re parlé, que je me  suis procuré le livre. Malgré ce récit terrible de Samira Bellil, jeune fille plein d’avenir à l’époque,  qui, si, j’en suis certaine, cette tragédie ne lui était pas arrivée, on peut être sûr que Samira, vive intelligente, trop même, pour cette société bas-de-plafond, qui, hélas, l’entourait à ce moment-là, aurait eu évidemment un avenir largement supérieur à ce qui lui a été forcé de subir. Parce que cette jeune fille, qui aux yeux de quelques bas-de-plafond, avait l’air trop bien élevée, était dans une école privée, a été classée très vite comme sorte de petite bourge, je cite « On me considérait comme une petite bourge parce que je sortais d’une école privée et que je vivais dans une atmosphère de classe moyenne«  alors que chez elle, il en était tout autre ; un père violent, une mère courageuse qui essayait coûte que coûte de donner un avenir à ses filles, car Samira a une sœur, qui elle, ne subit pas la violence du père. Des rapaces, des vautours, lui ont volé son innocence et la naïveté de son adolescence. Ces rapaces que l’on trouve dans toutes les couches des sociétés et qui ne sont pas que dans les cités et les quartiers, mais un peu partout, ne peuvent pas supporter de voir quelqu’un de trop bien à leur petit œil étriqué et veulent salir l’autre, car pour eux, il n’est inenvisageable qu’une jeune fille ou même qu’un jeune homme, qui vit près de chez eux et qui de surcroit à l’air plus chanceux que n’importe quel individu, reste propre ; il faut qu’ils salissent. Le livre de Samira Bellil malgré cette tragédie, est écrit d’une manière vive et parfois même assez marrante, fille devenue combative et même violente, qui hurle sa douleur au propre comme au figuré, après les terribles viols, sa douleur qui nous fait mal, tant elle n’a jamais eu aucune oreille attentive pendant ces tragédies, notamment cette scène terrible qui se déroule lorsqu’elle est en vacances au pays. Une écoute sauf auprès de ses amies avec qui elle partageait ses rires et son désespoir. C’est avec l’aide d’une surprenante psychothérapeute, qu’elle trouve au fond d’un couloir d’un hôpital psychiatrique, ce sont vraiment les faits, et une surprenante technique de thérapie appelée thérapie psycho corporelle, qui va peu à peu libérer cette saleté de souffrance qu’elle traine comme une boule au ventre et qui ne pouvait plus sortir ! C’est grâce à cette même psychothérapeute qui l’encouragera à écrire son témoignage poignant. Et pour l’avoir lu il y a un an,  un récit qui a du mal à vous lâcher. Samira Bellil décèdera en 2004. )
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Avec le soutien et la collaboration de Josée Stoquart

Postface inédite de l’auteur. Édition révisée par Guy Birenbaum

Samira Bellil est une rescapée. Adolescente, elle a été victime de plusieurs viols collectifs que l’on nomme aujourd’hui des «tournantes». Rongée par la culpabilité et le dégoût, détruite par l’ostracisme de sa famille et les rumeurs dans son quartier, elle se réfugie dans la drogue et l’alcool. Son témoignage coup de poing dévoile la violence sexuelle qui s’est instituée et banalisée dans des cités et des banlieues où tout se réduit à des rapports de forces et de domination. Dans un tel environnement, la torture que subissent les filles est non seulement physique mais également morale : réputation brisée, honte et humiliation sont leur lot quotidien. Ce livre, qui intervient au terme d’une longue thérapie, est pour elle le moyen de laisser une trace de son histoire et de venir en aide à ses «frangines», victimes, comme elle, du pire des crimes. Pour briser la loi du silence

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