Caché derrière mon abribus,Afficher l'image d'origine

À dix-neuf heures, entre chien et loup,

Tout en ayant l’air de ne pas vous regarder,

Inquiète du coin de mon œil, je vous observai,

Vous, vous agitiez tout seul et vous parliez à voix haute,

Mais que faisiez-vous ?

 

Vous tourniez en rond, criiez, beugliez, comme

Un didon.

 

Vous, vous adressiez à une femme invisible,

Lui affirmiez, que votre retard n’est pas

de votre faute, mais celui du bus,

qu’avec stupeur j’appris, pauvre de moi,

que nous prendrions en commun.

 

Tout en faisant de grand rond avec les bras,

vous, vous étrangliez en maugréant je ne sais quoi.

 

Mais à qui donc, vous adressiez-vous ?

 

Avec beaucoup de mal à déglutir, la gorge serrée,

je me dis, qu’il était évident que vous étiez fou,

 

Soudain ! vous voyant observé, me fixant avec

vos yeux que je trouvais globuleux, c’est vers moi

que vous, vous êtes dirigé.

 

Sentant le danger, le cœur à tout rompre,

je pris mon courage à deux mains, sortis mon

parapluie et de plusieurs coups, je décidais de

Vous en assener.

 

Bien mal m’en a pris, oubliant dans ma peur,

les progrès de la technologie et son infiniment

si petit, vous que je pris pour un fou, aviez accroché à votre

joue, ces si petites oreillettes.

 

Ceci expliquait donc cela, fou vous ne l’étiez pas,

réalisant alors ma terrible méprise, je ne trouvais

plus les mots pour m’excuser, d’ailleurs vous ne trouviez plus les vôtres non plus,

car bien amoché à coup de parapluie, il vous était bien difficile de vous exprimer.

2006 Simple citoyenne

 

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