Le pseudo journal intime sucré L’herbe bleue qui perdure encore et toujours.

Nous sommes en 2013 et si personne ne prend pas le soin de vérifier, en tout cas sur internet, qu’on lit une petite tromperie littéraire depuis 40 ans, on serait comme certains lecteurs qui ignorent encore à l’heure actuelle en 2013 et à leur grande surprise que ce pseudo récit d’une jeune fille en fleur tombée dans la drogue a été inventé par une femme qui s’est dit en être l’auteure et âgée de 53 ans au moment où elle fait éditer cette supercherie en 1971 et pas par une petite Alice âgée 15 ans seulement ; car Alice n’existe tout simplement pas. Non seulement le lecteur l’ignore s’il ne le vérifie pas, mais tout le monde ne le peut pas. Mais à ma grande surprise une des éditrices de chez Pocket édition qui m’a accordé quelques minutes au téléphone le lundi 11 février 2013 en fin de matinée, se dit surprise elle-même que ce récit qui date pourtant de 1971 révélé par la presse en 1998 comme une supercherie n’en soit pas un vrai ; après tout c’est vrai que chacun même dans l’édition n’est pas obligé de savoir que ceci a été révélé il y a bien longtemps déjà. Pourtant il serait temps car sur certaines jaquettes l’accroche qui est encore « Journal intime d’une jeune droguée de 15 ans » pour au moins avertir les jeunes lecteurs qui le lisent encore à l’heure actuelle ; car cette imposture avouée après tout par cette Béatrice Sparks est disponible partout et pratiquement dans toutes les bibliothèques de France. Sa dernière parution date du mois d’Août 2012, c’est dire s’il marche plutôt bien. (Chez l’éditeur jeunesse il est classé tout de même comme Roman) et l’accroche n’y est plus. Mais des lecteurs, eux, se sentent toujours trompés pourquoi ?

Ci-dessous des lecteurs qui se sentent trompés(2012)  

La petite surprise  

Voici donc que je que me rends dans la bibliothèque municipale pour y chercher quelques livres à lire, et en prenant un livre ici ou là, dont le fameux Moi Christiane F, on me conseille vivement de lire L’herbe bleue. On ne peut pas lire Christiane F sans au moins avoir lu le récit L’herbe bleue me conseille-t-on à la bibliothèque. Un livre dont le récit est attribué à une ado de 15 ans, Alice, jeune fille de bonne famille tombée malencontreusement le nez dans la schnouf. Après quelques pages l’admiration et l’envie ne cesseront d’envahir certains lecteurs ; car Dieu que cette fille pourtant si jeune écrit merveilleusement bien et dieu quelle est lucide pour son âge ; elle décrit sa situation à merveille, elle est d’une lucidité étonnante à 15 ans. Quant à la description après sa première prise de LSD, c’en est époustouflant de détail. Quelques pages plus loin pour le lecteur attentif l’admiration se transformera peu à peu en interrogation ; mais comment est-ce possible de passer d’un langage si soutenu d’une jeune fille de bonne famille aux mots soudainement crus, voire douteux ; pour le lecteur soucieux, c’est là, peut-être, que ça lui paraîtra incohérent ; car cette maturité dans les mots, cette clarté à 15 ans quand elle parle du pardon c’est tellement surprenant, mais happé par la lecture de chaque jour qui passent dans son journal, le lecteur continuera de lire mais avec de plus en plus d’interrogations ; pour moi ce fut, mais pourquoi donc cette Alice malgré l’amour et le non jugement de sa famille qui frôle souvent la niaiserie, n’en finit jamais de retomber dans la drogue ? Tout est trop flou, elle nous vante les effets que la drogue lui procure sans jamais nous parler de l’accoutumance physique et des crises de manque décrits par les toxicomanes et qui justement les rendent esclaves et les obligent, là, à continuer. Le récit aurait été plus crédible si ceci avait été le cas. Les incohérences n’en finissent pas de sauter aux yeux, ça ne colle décidément pas, c’est trop mal foutu finalement pour un livre qui veut témoigner, non, ou plutôt, qui ne témoigne justement pas des dégâts que pourtant provoquent toutes ces saloperies. D’ailleurs, elle en parle mieux que bien, et tellement bien que ça donnerait presque envie d’essayer.

Je ne révèle rien que vous sachiez peut-être déjà chers lecteurs d’Agora vox.

Certes vous n’êtes pas tombés de la dernière pluie chers lecteurs d’Agora vox pour sans doute l’avoir appris bien avant que je n’écrive ce modeste article ; mais quand même la question que je me pose et je suis loin d’être la seule à m’inquiéter de ce qui ressemble à une tromperie sur la marchandise dont on ne finit pas de vendre, est-il normal qu’il faille avoir l’œil pour se rendre compte que ce livre ne colle pas et que grâce aux rappels des lecteurs déçus et trompés les restes de vérité pourtant révélées d’abord en 1979 et ensuite en 1998 par la presse, éclatent sur des sites ici et là, mais que seul Wikipédia devienne le garant d’une information juste et pas des éditeurs eux-mêmes, dont on attend un minimum, pour au moins savoir à quoi s’en tenir et ne pas prendre pour argent comptant ce récit mièvre et douteux qui édulcore l’univers pourtant ravageur de la drogue.

Concernant l’auteur (e) de ce roman

Concernant Béatrice Sparks je n’ai trouvé aucune interview, ni information, mis à part que l’on dit d’elle, qu’elle était psychologue voire pédiatre dont d’ailleurs un journaliste en 2011 dit qu’il n’existe pourtant aucun doctorat, et qu’elle serait devenue éditrice par la suite. Mais je crois que je m’en fous de savoir qui a écrit ceci, Pierre, Paul, Jacques, ce qui est important c’est que le lecteur ne doit pas être trompé, comme visiblement il se sent encore maintenant. Voir ci-dessus.


Publicités