Article écrit par Simple citoyenne, publié sur Agoravox le 18 Juillet 2015.

Transports en commun vus de l’intérieur, rédigé avec quelques mots crus, mais qui est une réalité ; car dire qu’il y a des insultes, cela ne parle à personne ; cela choque et provoque une prise de conscience à partir du moment où ils sont prononcés une bonne fois pour toutes et ainsi de se rendre compte, peut-être, de la portée de la violence verbale ou même physique, pour ce coup-ci, dans les transports.

 « Eh ! la porte ! la porteeee !

La porte s’il vous plaît monsieur ! ( réplique le chauffeur de bus à  » l’usager  » ).

– Sale pédé va ! »

Avec un immense effort sur lui-même le chauffeur de bus ravale sa salive, ouvre la porte arrière et  » le passager  » sort tranquille et désinvolte. Ce que ce  » passager  » vient de dire n’est pas si grave après tout ; le chauffeur n’a même pas daigné lui ouvrir la porte alors que l’homme lui a pourtant hurlé dessus au moins deux fois. Le chauffeur aurait dû lui ouvrir, c’est la moindre des choses non ? et même de deviner que l’homme voulait descendre à cet endroit précis même si en plus il n’avait pas appuyé sur le bouton d’arrêt !

De là même où je suis, je peux sentir que le chauffeur a les nerfs et se retient d’exploser.

La mâchoire crispée, il serre les dents, il regarde devant lui et se concentre pour ne pas avoir à péter un câble et continue sa route.

De toute façon que peut-il faire. S’arrêter et exploser la tête du mec qui vient de le traiter de sale p… ?

Le chauffeur a une trentaine d’années, le mec la vingtaine voire un peu plus. Le chauffeur est peut-être père de famille qui sait, ou pas, et même s’il ne l’était pas… enfin, bref ; se faire manquer de respect par des merdeux même si ce ne sont que quelques minutes dans sa journée de travail non seulement ça doit la bouffer, mais quelques minutes plusieurs fois dans la même journée, le tout accumulé à toutes les autres, ça doit faire beaucoup.

« Monsieur, la porte s’il vous plaît. »

Et si l’usager et l’usagère parasites, usent les bus et les transports en commun, ils usent évidemment les rues et les trottoirs. Ils sont dehors comme ils sont dedans.

C’est presque devenu courant dans les bus ; certains ne se donnent même plus la peine d’appuyer sur le bouton d’arrêt, ils hurlent ! « Eh ! la porte ! la porteeee ! » le monsieur ou madame et le s’il vous plaît, connaît pas.

En plus d’être dans un espace restreint et comprimé les comportements dans les transports sont de plus en plus volcaniques. Sauf le matin très tôt où les passagers encore lourds de leur réveil, somnolent pour se rendre au boulot. Á part les quelques habitués que l’on croise régulièrement ; certains ne devraient même pas être en circulation, ni dans la vie civile, et encore moins dans les transports en commun, tant leur comportement relève carrément de la folie furieuse.

De véritable danger public parmi les autres et qui prennent les transports en commun comme les autres qui n’ont que cela pour aller travailler.

Tous les chemins mènent à Rome !

Et des fous à lier y vont aussi ; il y en a trois réguliers, mais sur deux lignes différentes mais qui hélas vont au même endroit.

Il y en a un, qui s’il est repéré à temps et si les usagers le peuvent, ils évitent de monter dans le bus, mais c’est très rare ; ils montent quand même ; mais à quel prix ; car ils redescendent aussitôt au prochain arrêt ; auquel cas, il faut marcher quitte à perdre du temps. Sinon c’est mort !

Et justement ce coup-ci, c’est mort. Comme beaucoup je monte, car il y en a ras-le bol de perdre du temps à cause de gens qui ont davantage leur place dans un HP que dans la société dite  » normale  » et là, on passe tous peut-être trois bonnes minutes un véritable enfer. Mais ce coup-ci, c’est pour les passagers.

Ce malade qui entre dans le bus, quelques-uns le « connaissent ».

Le malade du bus, parcours à grands pas et à grand bruit le bus de long en large ; il ne s’assoit pas il se déplace. Il hurle et vocifère comme s’il était seul au monde ; le sien. Il insulte, il menace les gens physiquement, il menace en hurlant de mettre les doigts dans la tête d’un pauvre passager et de lui faire sortir le cerveau de sa tête. Comme prévu le bus se vide rapidement au fur et à mesure qu’il s’arrête aux abribus et abri ne devient pas qu’un nom, c’est un acte presque salvateur. Les gens pris de panique sortent malgré tout dans le calme au fur et à mesure, quitte à perdre du temps et ne pas rentrer à l’heure, heure de pointe, tant le mec est dans sa tête et en proie à sa folie furieuse et complètement violent.

Assise devant, j’entends qu’un passager le provoque au risque d’aggraver les choses pour les autres et pour ceux qui l’ont déjà croisé, on le sait, rien à faire. On a plus que deux arrêts à le supporter, mais l’autre qui l’accoste en rajoute même une couche en riant, et le provoque une nouvelle fois. On n’a pas qu’un fou dans le bus mais un inconscient en plus.

Le malade descend du bus et menace l’autre en partant !

« Vas-y marre toi ! tu vas voir toi ! »

Il descend et dans le bus la tension avec.

Mais que fait-il parmi nous ! au secours !

Une fois on en a eu marre, on s’y est mis enfin à plusieurs ; on en a attrapé un, et on l’a foutu enfin dehors à gros coups de pied dans le cul ! je ne sais pas comment cela s’est fait, mais ça s’est décidé tout seul comme un accord tacite entre plusieurs personnes. Tous contre un !

Si seulement c’était vrai !

Combien de fois je me suis imaginée ce scénario, encore plus ce jour-là.

Si ces mesdames et messieurs veulent bien se donner la peine ! dois-je descendre du bus pour vous ouvrir la portière ?

« Monsieur ! comment je vais faire si vous n’ouvrez pas la porte arrière avec ma poussette ?

– Mais madame demandez-le !

– Mais je vous l’ai demandé ! !

– Non vous ne l’avez pas demandé ! ! !

– Si je vous l’ai demandé ! ! ! ! »

Un conducteur complètement excédé d’être pris pour un laquais avait même décidé de ne pas ouvrir la porte arrière aux parents avec des poussettes s’ils ne le demandaient tout simplement pas ; mais que les parents eux, attendent, que le chauffeur le fasse automatiquement comme un chauffeur ouvre une portière de voiture de luxe à madame et à monsieur.

Tout le monde descend

Le bus s’arrête et le chauffeur demande à ceux qui le veulent à descendre à un endroit inhabituel ! il nous explique qu’il ne peut plus passer par la rue habituelle sans plus d’explication. On finit le reste à pied certains fatigués et les autres chargés comme des mulets.

On apprendra plus tard qu’il y avait un lancé de pierres sur les bus de passage.

Oui les comportements dans les transports peuvent être parfois une vraie plaie et même si ce n’est que quelques minutes dans la journée mais quelques minutes plusieurs fois dans la même journée, le tout accumulé à toutes les autres journées, ça fait beaucoup pour tout le monde.

 

Publicités